L’homme a toujours cherché à sélectionner dans son environnement les matières premières d’origine végétale, animale et minérale pour leurs usages thérapeutiques, mais aussi alimentaires et utilitaires.
La sélection et le recueil de ces substances a constitué ce que l’on appelle la « Matière Médicale », terme provenant de la traduction latine de l’ouvrage du médecin grec Pedanius Dioscoride (écrit vers 60-70 ap. J.-C.) : « De Materia Medica ».

Cet ouvrage recense plus de 500 plantes ainsi que minéraux et animaux, et aura une influence considérable sur la médecine occidentale pendant 15 siècles.

Ainsi, la « Matière Médicale », débutant de manière empirique est devenue au cours du temps la discipline scientifique qui étudie essentiellement les substances d’origine végétale utilisées en médecine pour servir à l’élaboration des remèdes, puis des médicaments.

Là se pose la question de la différence entre « remèdes » et « médicaments » : ces derniers sont liés à une AMM (Autorisation de mise sur le marché), tandis que les remèdes ne sont liés ni à une AMM ni à une validation clinique.

Supplantée dans les années 1970 par la recherche chimique qui visait surtout à l’extraction des principes actifs, la Matière Médicale prit en France, par décret de 1969 dans le cadre du Code de la Santé Publique, le nom de « Pharmacognosie », constituée de deux mots grecs « φἀρμακον phármakon remède ou poison et γνῶσις gnỗsis connaissance ».

Après avoir défini l’origine de la Matière Médicale, le site présentera son histoire synthétique sur 2500 ans, depuis la période gréco-romaine jusqu’à nos jours : avec Hippocrate, Pline l’Ancien, Galien etc…, puis le Moyen-Age, la Renaissance, la période alchimiste avec Paracelse, la progression des connaissances sur la Botanique au XVII et XVIII ème jusqu’à la classification binomiale de Linné, la période scientifique et moderne au XIX ème siècle qui s’est concentrée sur l’extraction des substances végétales pour aboutir à la découverte des premiers alcaloïdes (quinine de Pelletier et Caventou en 1820, codéine de Robiquet en 1832…), et enfin le XX ème où des centaines de principes actifs sont découverts grâce à une importante industrialisation des médicaments.

Le site montrera qu’à l’aube du 3 ème millénaire, la pharmacognosie s’oriente vers de nouvelles pistes pour la création des principes actifs innovants (biotechnologies, techniques de criblages à haut débit, ethnopharmacologie, discipline qui étudie les médicaments traditionnels à base de plantes d’animaux ou/et de minéraux utilisés par différentes cultures pour traiter diverses maladies).
L’O.M.S, lors de la déclaration d’Alma-Ata (6-12 septembre 1978), reconnaissait déjà l’utilité des médecines traditionnelles pour promouvoir les soins de santé primaires des Pays du Sud et pour les besoins en médecine complémentaire et alternative des pays du Nord, permettant ainsi l’accès à un meilleur accès de santé pour tous.

De nombreuses publications, depuis l’année 2000 sur les médecines traditionnelles montrent l’intérêt et la considération de l’O.M.S. pour l’ethnopharmacologie. Des exemples concrets seront présentés sur ce site, selon les pays ou zones géographiques étudiés.

Jean-François ROYER Docteur en pharmacie